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Denis Pascal

 

Denis Pascal s’est imposé comme l’une des figures les plus originales du piano français, se produisant en France et dans le monde entier comme soliste aussi bien que musicien de chambre. Sa carrière se développe largement à l’étranger, avec de nombreuses apparitions en Europe bien sûr, mais aussi aux États-Unis (Lincoln Center et Merkin Concert Hall de New York, Kennedy Center de Washington, Herbst Theater de San Francisco) ; en Amérique latine (Grand Théâtre de São Paulo) ; en Asie (Arts Center de Séoul, Yokohama avec le New Japan Philharmonic). En France, il a conquis le public des salles parisiennes (Théâtre des Champs-Élysées, Châtelet, Philharmonie, Maison de la Radio, Théâtre de la Ville, Salle Gaveau, Opéra Garnier), ainsi que celui de nombreux festivals internationaux (Folle Journée de Nantes, Festivals de Salon-de-Provence, d'Aix-en-Provence, de Radio France et Montpellier, les Festivals Berlioz, Lisztomania et Chopin à Nohant).

 

Soucieux de garder une conscience historique du répertoire, Denis Pascal sort des sentiers battus et donne des concerts à la fois mémorables et ouverts à tous, appliquant une éthique constante tant dans le répertoire lisztien que dans la musique impressionniste ou les partitions postromantiques. Cette approche singulière de tous les pans du répertoire pianistique ainsi que son ardeur à défendre les œuvres et compositeurs plus rares font de lui l’un des artistes les plus marquants de la scène française.

 

Sa discographie reflète ses engagements musicaux. Il a par exemple enregistré une intégrale des Rhapsodies Hongroises de Liszt dont la science coloriste et la force expressive ont été unanimement saluées par la presse musicale (Choc du Monde de la Musique, Prix de l’Association Française Franz Liszt, Recommandé par Classica). Certains projets discographiques ont connu une énorme reconnaissance de la critique : illustration parfaite de son immense curiosité, le disque monographique consacré à Jean Wiener pour Sisyphe a ainsi obtenu un Diapason d’Or. En 2017, L'Académie Charles Cros a récompensé Denis Pascal et le clarinettiste Jérôme Comte dans la catégorie Soliste instrumental pour leur disque consacré à Berg et Brahms.  


Disciple de Pierre Sancan, Denis Pascal étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris également avec Jacques Rouvier, Léon Fleisher et György Sándor, et se perfectionne auprès de György Sebök dont il sera l’un des principaux disciples, à l’Université d’Indiana à Bloomington. Ce seront ensuite des tournées régulières avec le grand violoncelliste János Starker. Pédagogue partout célébré, il est nommé professeur au CNSM de Lyon en janvier 2010, puis nommé en avril 2011 au CNSM de Paris.  

Schubert Vol.2

Sonate D.959, Impromptus D.899

LMU018

Tout passe

 

S'il est un mystère dans la vie d’un interprète c’est bien celui de son attachement à certaines œuvres, celles qu'il a lues très jeune puis à différents moments de sa vie, surpris d'y reconnaître une partie de lui-même, ou du moins une résonance familière, une partie de ses préoccupations imaginée par un autre : le mystère des solitudes partagées. Ces œuvres ensuite jouées, deviennent alors un remède aux questions qui le taraudent, une réponse rassurante, comme l’est toujours la musique de Schubert même dans ses plus sombres abîmes, une réponse toujours liée à l’insaisissable vide de l’intime et au désir fou de plénitude. Réponse répétée car elle prend alors une place particulière tout au long de notre vie de musicien et d’homme. Ces œuvres deviennent alors notre compagnon de route, « le chant du voyageur », notre « petite musique intérieure », et pour ce programme en particulier, la sonate D.959 et les impromptus op.90, une évocation obsessionnelle de la fuite du temps, de l’impossibilité à se réaliser, à saisir un peu de notre vie, comme l’eau du ruisseau, comme l’amour.  

Apercevoir une part de nous-mêmes chez Schubert, c’est le lire sans peur, de cœur à cœur, en oubliant qu’il s’agit d'un chef d'œuvre. Découvrir Schubert c’est savoir d'abord ignorer son nom.

Mystère de la lecture et de l’écriture : même l’implacable et bouleversant Andantino de la sonate D.959 ne ternit jamais la « lumière bleue de cristal léger » dont parle W.Muller et qui nimbe toute l’œuvre. Il est pourtant ferment de l’insondable Andante sostenuto de la toute dernière sonate D.960…  Il y a  comme un écho du quintette D.667: La Truite, l’étincelante tonalité de La Majeur n’y a jamais été aussi lumineuse, transparente, évoquant aussi bien le doux murmure de l’eau que l’amertume  des larmes, de la pluie, d’un ciel d’orage, l'effrayante  simplicité des éléments et l’inéluctable écoulement vers la dissolution.


Ah, le temps disparaît sur une aile de rosée
Pour moi, sur les vagues secouées ;
Demain, le temps disparaîtra avec des ailes miroitantes.
Une fois de plus, comme hier et aujourd'hui,
Jusqu'à ce que, sur une aile hautement plus rayonnante,
je disparaisse moi-même dans le temps changeant.

«  Auf der Wasser zu singen ».

Un mystère persiste: celui de la joie qui rayonne de  cette musique, de la lumière que diffuse l’œuvre de Schubert toujours plus forte, ainsi que l’accomplissement personnel que l’on éprouve à la jouer, une joie que le compositeur d’œuvres aussi bouleversantes et mélancoliques que le Voyage d’Hiver ou de La Belle Meunière ne cesse de nous offrir. 

Elle est bien l’objet de l’écriture et de l’interprétation schubertienne: la création transcendant le doute, la souffrance amoureuse et l’absurdité de la disparition ou de l’abandon.

La musique chantée, celle des lieder, montre clairement à l’interprète l’identification nécessaire à un personnage: la relation explicite de la musique à la poésie ou au drame, le choix d’un motif donnant une nouvelle perspective au texte suscitent encore de nouvelles interrogations, soit des voies possibles d’interprétation. 
L’ œuvre sans parole, purement instrumentale, nous invite à un plus complexe et mystérieux voyage qui, lui, nous pousse à ouvrir notre imaginaire et à continuellement multiplier et superposer des référents à la fois personnels, intimes et liés à la vie de Schubert, ou tout simplement les référents des idiomes instrumentaux, notamment dans les impromptus op.90.

S'il en est un qui reste, terrible et simple, aimable et cruel, tout au long de ces pièces et de la sonate D.959, c'est le motif du triolet. Il est, chez Schubert, l’évocation en triade parfaite de l’écoulement du temps ; il soutient et annonce également la mélodie, ou plutôt la « petite chanson consolatrice », tout comme dans "Wohin ? » (Vers où ?) et « Der Neugierige » (Le curieux) du Cycle La belle Meunière D.795.  Son mouvement lent ou rapide n’est plus celui de la Tarentelle ou celui d’une antique danse, ni même celui des tempêtes beethoveniennes, mais bien celui paisible du ruisseau, du temps, doux et implacable: flux infini emportant à la fois nos joies et nos tristesses et finalement balayant toutes nos questions et nos doutes.

ACHETER

Denis Pascal, piano

Pistes

 

1.Sonate D.959 - 1 Allegro
2.Sonate D.959 - 2 Andantino
3.Sonate D.959 - 3 Scherzo – Trio
4.Sonate D.959 - 4 Rondo : allegretto presto
5.Impromptu n° 1 en ut mineur
6.Impromptu n° 2 en mi bémol majeur
7.Impromptu n° 3 en sol bémol majeur
8.Impromptu n° 4 en la bémol majeur

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